Problème de dépendance : les organismes communautaires présents

 

Se sortir d’un problème de dépendance, que ce soit à l’alcool, aux drogues, au jeu ou autres, n’est pas simple et les personnes aux prises avec ce type de problématique ont besoin de soutien, d’aide, de thérapie pour y parvenir. Il existe fort heureusement tout un réseau d’organismes communautaires autonomes qui vient en aide aux personnes ayant un problème de dépendance, tel que le Centre sur l’Autre Rive, un organisme qui offre des services d’hébergement et de traitement aux hommes aux prises avec un problème de toxicomanie.

 

 « Lorsqu’ils viennent au Centre pour la première fois, la plupart de nos résidents ont un historique de consommation problématique qui remonte souvent à plus de 10 ans. Ils ont donc de nombreux problèmes qui se sont accumulés avec les années.  Que ce soit des dettes, des problèmes de santé physique (diabète, hépatite C, VIH, TDAH), des problèmes de santé mentale (dépression, anxiété, trouble de la personnalité), un problème de jeu compulsif ou des problèmes au niveau judiciaire. » explique Cinthia Bourque, Directrice du Centre sur l’Autre Rive.

 

« Par exemple, lorsque Jérôme est entré au Centre sur l’Autre Rive, cela faisait plus de 20 ans qu’il vivait « in and out» dans la rue. Sa situation était complexe. Nous avons donc dû travailler d’abord à lui donner une identité puis à lui donner une source de revenu (l’aide sociale). Ensuite grâce à notre médecin, il a pu recevoir des soins pour ses problèmes de santé physique et ses symptômes de dépression. Une fois cela fait nous avons alors pu réellement commencer le processus de thérapie pour la consommation » raconte Cinthia.

 

Au Centre sur l’Autre Rive, comme ailleurs, les intervenants doivent composer avec les multiples problématiques qui affectent les personnes aux prises avec un problème de santé mentale; il est donc essentiel pour eux de travailler avec plusieurs autres ressources communautaires : travailleurs de rue, organismes d’hébergement suite à la thérapie, organismes en santé mentale (crises suicidaires), organismes en aide alimentaire… Tous ces organismes communautaires, travaillant de concert, permettent de réduire les problèmes de dépendance et par le fait même, la criminalité, le décrochage scolaire, la négligence, la violence conjugale ou autre, l’itinérance, etc.

 

Les organismes communautaires œuvrant en dépendance rencontrent toutefois plusieurs difficultés qui les empêchent le remplir leur mission tel qu’ils le souhaiteraient.

 

D’abord, des changements récents à l’aide sociale font en sorte que la réinsertion sociale devient un véritable casse-tête pour les personnes en thérapie et les intervenants qui les accompagnent. En effet, les personnes hébergées en centre de thérapie se sont vues réduire leur montant d’aide sociale à 200$ mensuellement. Pourtant la réinsertion sociale implique des démarches qui occasionnent des frais de transport, tel que la recherche d’emploi, la recherche d’un logement ou l’organisation d’un retour à l’école. La réinsertion sociale implique aussi la préparation de la sortie par la location d’un logement, l’achat d’une première épicerie… 

 

Beaucoup de bénéficiaires sur l’aide sociale hésitent d’ailleurs à entrer en thérapie par peur de perdre le peu d’acquis qu’ils possèdent. Bien que l’aide sociale paie leur loyer lorsqu’ils entrent en thérapie (jusqu’à une limite de 350$/mois), le compte d’électricité lui n’est pas pris en compte. Ils doivent donc faire le choix d’accumuler des dettes durant la thérapie, dettes qu’ils auront de la difficulté à payer par la suite ou de continuer à consommer avec les conséquences que cela a pour eux aux niveaux physique et mental.

 

Finalement, le réseau public peine actuellement à répondre aux besoins de la population et encore moins aux besoins psychosociaux des personnes ayant des problèmes de dépendance, les coupures gouvernementales restreignent peu à peu les services publics. Les organismes communautaires sont grandement touchés par ces compressions qui font en sorte qu’ils sont de plus en plus sollicités mais de moins en moins soutenus par le réseau public.

 

Danielle Goulet, Présidente de la Table régionale des organismes communautaires et bénévoles de la Montérégie

 

Cinthia Bourque, Directrice du Centre sur l’Autre Rive